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De quoi parle t'on ? Sur les cartes à
mi-chemin entre Lavau et Rohars en bord de Loire, au lieu-dit Le Tertre
Rouge sont signalées encore aujourd'hui les Ruines du Couvent
St Hilaire. En réalité
il n'y en a plus de ruines depuis longtemps. Il
s'agissait en réalité d'un prieuré dépendant
de l'abbaye de Blanche Couronne Un prieuré
dépendant d'une abbaye, en l'occurrence ici Blanche Couronne, est
une administration de biens. Peuvent y résider des moines dont
le nombre dépend des de l'éloignement de l'abbaye et des
tâches qui peuvent leur être affectées. Dom Hertor Vigor fut en 1595 le dernier prieur régulier de St Hilaire du Tertre. La commende se disait aussi d'un bénéfice donné par le roi à un ecclésiastique ou à un séculier pour une abbaye avec permission de disposer des fonds sans obligation d'y résider. Dans les obligations liées aux bénéfices il y avait des messes qui devaient être régulièrement célébrées. Ce qui explique dans certains cas, à Rohars par exemple, que des chapelles aient pu subsister bien après l'abandon des bâtiments d'habitation. C'est dans l'église de Bouée, par contre, que le service lié au prieuré du Tertre était assuré après la ruine de la chapelle, sans doute dès le milieu du XVIe. |
![]() extrait d'un plan non daté (XVIIIe ?) numérisé sur le site du conseil général ![]() L'abbaye de Blanche Couronne Une page sur l'abbaye et Le site des compagnons de Blanche Couronne |
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| Est-ce
à dire que le site présenterait peu d'intérêt
? Certainement pas. Il suffit de se rendre au Tertre Rouge en bord des roselières pour être séduit par ce lieu qui aussi fait partie intégrante de l'histoire de Bouée. |
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Les
informations sont issues pour l'essentiel de l'étude historique
L'ABBAYE DE BLANCHE COURONNE et ses prieurés de Georges Durville Cette étude a été publiée par l'Association culturelle Bretagne Vivante Elle est disponible à la bibliothèque de Bouée Editée
en 1984 et contient les travaux effectués par le chanoine Georges
Durville vers 1927 et jamais édités auparavant faute de
crédits. Ces travaux sont à la source de la plupart des
publications ultérieures qui souvent oublient de citer leur
auteur est-il précisé en préface...
Ainsi la plaquette éditée sous le nom de Prieuré St Hilaire du Tertre - Eglise paroissiale de Lavau de Daniel Andrejewski et Véronique Daboust reprend les travaux de Georges Durville. Disponible à l'abbaye de Blanche Couronne, elle a été éditée à l'occasion du 4ème centenaire du Prieur-Curé Dom Hector Vigor : 1595 Mais contrairement à ce qui est indiqué dans la plaquette l'église de Lavau n'a rien à voir avec le prieuré Saint Hilaire du Tertre. A l'époque de sa fondation le prieuré était effectivement situé sur la paroisse de Lavau et dépendant de l'abbaye de Blanche Couronne en la Chapelle Launay. Mais l'église paroissiale et le prieuré sont deux entités historiques et géographiques distinctes et le prieuré possédait sa propre chapelle située au Tertre Rouge. L'église n'a évidemment jamais fait partie des biens du prieuré Saint Hilaire du Tertre. L'étier du Syl ayant été choisi comme frontière à la création des deux communes le Tertre rouge s'est retrouvé sur le territoire de Bouée malgré les réclamations des lavausiens de l'époque. Il y a un amalgame, dans cette plaquette, assez incompréhensible entre la paroisse de Lavau et le prieuré du Tertre. D'ailleurs, en 1695, il est précisé dans un acte que, la chapelle étant en ruine, le service s'en faisait et s'estoit toujours fait en l'église succursale de Bouée. Ce n'est même pas l'église de Lavau qui était utilisée mais celle de Bouée. |
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Certains documents désignent le bénefice
sous le titre de Prieuré ou grange de Saint Hilaire du Tertre,
"prioratus seu grangia divi Hilarii de Clivo, alias du Tertre" Le prieuré a du être fondé
au XIIème siècle par les générosités
des seigneurs de Lavau. Le prieuré a été dédié
à Saint Hilaire de Poitiers.
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Les différents aveux rendus pour
le prieuré depuis le XVè siècle, en déterminent
minutieusement les dépendances et les revenus situésdans
les paroisses de Lavau, Bouée et Savenay. Entre autres ce qui donne : Item, la Prée et enclos dud, prieuré, le tout en un tenant cernoyé de ses douves et fossés, dans lequel sont situés lesd. chapelle, maison et pourpris ci-devant déclarés, borné d'un bout, lad. rivière de Loire, d'autre bout, en partie les prés de la Couëtte et pré clos dépendant desd. prieuré et domaine partie, d'un côté, le grand étier de Lisy, dépendant dud. prieuré au droit d'icelui, d'autre côté, et la prée de Rohard appelée les Guérinais et vallée du Bois. ce qui donne : On reconnait bien la situation du Tertre Rouge dans cette description. Une
chapelle, une maison, une grange, un jardin, un enclos..., |
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Le prieuré
a été construit sur un rocher émergeant au bord du
lit navigable de la Loire tout comme Rohars. |
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L'enclos du prieuré dont il est question est bien situé sur le rocher du Tertre et la liste des biens du Prieuré montre que beaucoup de ceux-ci sont situés en fait sur le territoire actuel de la commune de Bouée. En exemple, les possessions
vinicoles du prieuré en 1469 sont celles-ci: également une pièce
appelée "Teste de Porc", En 1595 Dom
Hector VIGOR est le dernier Prieur régulier de Saint Hilaire du
Tertre en Lavau, le dernier moine de l'abbaye
de Blanche Couronne a occuper cette obédience monastique. Au XVIIème siècle les Cornulier deviennent les prieurs népotiques (transmission familliale) D'abord Jean-Baptiste, ensuite son frère
appelé également Jean Baptiste de Cornulier sieur du Pesle Après le concordat, le 28 décembre
1684 un procès avec l'abbaye de St Maur intenté par Claude
de Cornulier portant sur cette obligation de rente permet à la
lecture de la consultation d'un juriste du parlement de Rennes d'avoir
un idée plus précise de la nature de ces prieurés. Enfin un autre Claude, le frère du précédent qui désirait se marier et qui se démit du prieuré entrera en possession de son bénéfice en 1695. |